Je vous avais déjà brièvement parlé de The Killer Inside Me dans le billet que j’avais réalisé pour le festival de Sundance. Mais vu qu’on m’a demandé des news sur le film voir même la bande-annonce que j’avais jugée un peu trop violente et choquante, je vais quand même m’étendre un peu plus sur le sujet.

Je vous rappelle dans les grandes lignes l’histoire. Lou (Casey Affleck), l’adjoint du shérif a un tas de problèmes : des problèmes avec les femmes, avec la loi. En effet, Trop de meurtres commencent à s’accumuler dans sa petite ville du Texas. Et surtout, Lou est un tueur psychopathe et sadique qui n’a rien de commun avec Dexter. Pour Lou, il n’y a ni code, ni morale, ses victimes sont innocentes. Alors que les soupçons commencent à peser sur lui, il sait que le temps lui est compté avant qu’il ne soit démasqué.
Mais ce qui a fait couler beaucoup d’encre depuis sa projection au festival de Sundance, c’est la violence extrême qu’il dégage. En effet, pendant la projection, plusieurs personnes sont sorties de la salle écœurées par la violence déployée. Ce film est l’adaptation du roman éponyme de Jim Thompson publié en 1952 et qui est décrit comme un des romans les plus noir et les plus choquant de la littérature américaine. Jim Thompson a réalisé quelques scénarios pour Stanley Kubrick qui s’est exprimé sur le livre en le qualifiant « d’histoire à la première personne la plus brutale et la plus crédible d’un criminel à l’esprit pervers ». Cependant, il ne faut pas oublier qu’à l’image, la violence est toujours plus difficile à encaisser.
Le réalisateur Michael Winterbottom a dû justifier sa démarche. Il a affirmé que cette violence est faite pour choquer et qu’elle ne doit laisser personne indifférent. Selon le cinéaste, il est bien plus problématique de banaliser cette violence en la minimisant que de la pousser à son paroxysme comme c’est visiblement le cas dans The Killer Inside Me. Il a ajouté que la violence est faite pour être horrible.
Mais au-delà de cette violence, ce qui est particulièrement choquant est le fait que l’histoire mêle sournoisement violence et émotion. Les scènes les plus brutales sont celles de la femme (Kate Hudson) et de la maîtresse de Lou (Jessica Alba) qui contrastent avec celles plus propre faites aux personnages masculins. Ce qui soulève un autre problème, certains traitent le film d’œuvre à caractère misogyne. On se rappelle néanmoins que pareilles réactions ont fusé lors de la sortie d’American Psycho en 2000 pour ensuite vite s’atténuer lorsque l’on a découvert que le film avait été réalisé par une femme… Alors pour l’instant, je ne peux pas m’avancer plus. Je préfère me faire une idée par moi-même à la sortie du film qui aura lieu le 18 juin aux USA et vers le mois d’août chez nous.
Pour la bande-annonce, la première a été finalement jugée trop violente et a été retiré de la plupart des sites. Mais une 2ème a vu le jour.

